The Atacama Experience a été conçu comme un voyage musical qui débute avec l'ambiance d'une rue de Paris (Intro), suivie de 13 morceaux qui nous emmènent dans différents pays, nous font passer par des impressions et des émotions variées avec des références au passé et au présent. C'est aussi le premier album que j'ai produit avec tant d'interruptions, entre janvier 2006 et février 2007. Pendant cette période j'ai aussi voyagé et joué avec mon orchestre sur différents continents, de l'Amérique du Sud à l'Europe, de la Russie au Vénézuela, des Etats-Unis à l'Inde, revenant chaque fois à ce projet avec du recul et des oreilles fraiches .

Ces voyages ont influencé le développement de certaines idées musicales qui ont pris naissance dans le passé, en les revisitant avec une approche nouvelle, tels que des sketches d'improvisations électroniques des années 80 jamais développés, qui voient le jour dans un collage sonore intitulé, comme l'album, The Atacama Experience . Ces sons évoquent parfaitement pour moi les vastes reliefs du Désert de l'Atacama dans le nord du Chili, que j'ai visité après un concert à Santiago . Ensuite Desert Crossing est le tout premier solo de violon acoustique que j'ai jamais enregistré. Un concept qui a requis presque autant de courage de ma part, que de traverser un désert!

Entre ces deux extrêmes représentés par un solo electronique et un solo acoustique, nous avons le concept principal de ce nouvel album, les interprètations d'un orchestre qui a acquis une grande complicité musicale en jouant sur tant de scènes autour du monde depuis plusieurs années, avec William Lecomte au piano et keyboards, Guy Akwa Nsangué à la basse électrique, Thierry Arpino à la batterie et Taffa Cissé aux percussions.

William Lecomte est un grand admirateur du pianiste bebop Bud Powell et a fait un arrangement moderne du morceau de Powell Parisian Thoroughfare. Bud a vécu à Paris dans les années 60, et William était trop jeune pour l'avoir jamais vu jouer, par contre j'ai fait la jam avec Bud alors que je débutais dans le jazz, ce qui nous a donné de multiple raisons pour revisiter cette composition.

La guitare avait récemment disparue des instrumentations de mon orchestre, mais s'est révélée indispensable dans quelques morceaux de cet album. C'est pourquoi j'ai invité deux invités très spéciaux: Philip Catherine qui contribue ses solos dans Parisian Thoroughfare et Still In Love. Philip a commencé sa carrière dans mon orchestre en 1970 avant que je parte aux Etats-Unis, puis est très vite devenu l'un des guitaristes de jazz les plus influents en Europe . Sa participation me fait très plaisir car elle marque notre réunion après tant d'années. Et puis lorsque j'écrivais Point of No Return j'entendais un seul guitariste électrique pouvant porter le côté lyrique de ce morceaux au plus haut sommet: Allan Holdsworth. Non seulement j'avais raison, son jeu dépasse ici toutes mes attentes; un son plus beau que jamais, un lyrisme associé à un choix intelligent de notes et de rythmes, le tout donnant le meilleur solo qu'il ait jamais contribué à mes enregistrements.

Lors de la préparation des textes pour cet album, quelqu'un dans notre bureau a fait une erreur et inversé les syllables du milieu de ATACAMA en ACATAMA dans le titre de l'album ainsi que dans le titre du morceau et les textes du livret. Jean-Luc était furieux lorsqu'il l'a découvert, mais il était trop tard les CDs étant déjà en fabrication.

Si vous cliquez sur "video" et regardez le court métrage sur la production de ce nouvel album, vous entendez Jean Luc prononcer Atacama correctement, et il mentionne cette erreur dans chaque interview, qui devrait être corrigée lors de futures fabrications de CDs.